VACUUM PAINTINGS
Cette série se concentre autour de la notion du vide.
Le vide nous renvoie inévitablement à la question de la matérialité et l’immatérialité. Il se situe à la frontière entre le visible et l’invisible, créant ainsi des ponts nécessaires entre ce que l’œil voit et ce que l’esprit pressent.
Le vide est à la fois absence et présence. Il peut être considéré comme la partie non-manifesté de phénomène latent, encore invisible à l’œil humain. En Occident, il est synonyme d’absence, de manque à combler – conduisant, d’ailleurs à la surconsommation dans nos sociétés - en Orient, le vide est au contraire recherché. Il est nécessaire à la prise de conscience de soi. Il est à la base de toute philosophie de l’éveil.
Rien n’est plus révélateur de ces phénomènes que la lumière. Elle est ce qui permet à tout chose d’exister et à nous de les constater. La lumière est à la fois essence et support de la peinture, de toute forme manifestée finalement.
Avec son langage minimaliste, Les Vacuum Paintings brouillent nos repères. Le spectateur s’interroge : est-ce de la peinture ? une lumière projetée ? La présence disparait dès que l’on essaie de la saisir. Face à cette expérience visuelle singulière, on se senti quelque peu démuni, se demandant ce que l’on regarde.
L’artiste cherche à mettre en discussion le lien tenu, et parfois trompeur, entre la vue et le cerveau (l’analyse qu’il en fait de ce que les sens perçoivent). Les œuvres appellent au ressenti car l’œil est fréquemment mis à mal dans ces certitudes.
Ces peintures explorent également la question de l’apparition et de la disparition, celle du temps qui s’arrête lorsque le mental se met en pause. Sans pensées apparait un nouvel état de conscience appelée état automatique ou état hypnotique (alpha ou thêta). Il modifie intrinsèquement la perception du monde et du temps. Cet espace-temps modifiable dont parle la physique quantique est intrinsèquement lié à la conscience, tout comme la notion conventionnelle du temps en définitive.
Cette série nous amène à vivre une « slow experience » en annihilant la dichotomie dont le mental aime à se repaître. En floutant les frontières de ces grandes thématique (présence-absence, visible-invisible, etc.) dont le mental sature et elle laisse place à la présence qui est l’état recherché (autrement dit l’absence de pensée).